Parution : 15 avril 2017
Pâques : et si Dieu se révélait dans nos fragilités

Comment dire aujourd’hui la foi en Dieu ? En la résurrection ? Certains pensent qu’il faut réécrire le Credo...

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Vous connaissez le mot de Loisy : « On attendait le Royaume et c’est l’Eglise qui est venue… » Ne pourrait-on pas faire une analogie avec la situation politique ? D’aucuns attendent un sauveur et peuvent encore attendre… Comme si Dieu se faisait un malin plaisir à nous faire patienter dans notre attente légitime d’un monde nouveau, plus fraternel. A moins que ne soit lui qui nous attende.

Car le sauveur est venu… mais voulons-nous l’entendre aujourd’hui ? Selon la tradition, il est descendu jusqu’aux enfers, dans les lieux les plus obscurs de nos vies pour nous dire le chemin. Soyons clairs : notre monde, malgré les drames qui l’affectent, vit mieux qu’il y a cent ans. Songeons seulement à la place des femmes, même si beaucoup de travail reste à faire. Et l’Eglise, malgré les « affaires » douloureuses qui la concernent, peut être fière de ce qu’elle a apporté. La notion de « personne », qui fait désormais partie du patrimoine commun de notre humanité, est en effet issue de sa réflexion sur l’identité de Jésus, vrai Dieu et vrai Homme.
Des débats philosophico-théologiques complexes des premiers siècles, retenons que Dieu, en la personne de Jésus, est venu partager notre fragilité. « Un de la Trinité a souffert  » écrivait Tertullien. Si nous pouvons, avec audace, proclamer la résurrection, c’est parce que Dieu n’a pas fait semblant de partager notre vie et notre souffrance. Il est lui-même descendu jusque dans nos enfers pour nous révéler un chemin nouveau. Certes, la proclamation du Royaume n’est qu’une parole. Parce que c’est à nous nous, avec Lui, de faire le travail. Souvent, nous avons le sentiment de vivre le vendredi saint. «  Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »… Et si nous nous arrêtions sur le samedi : le silence du tombeau, parce que Dieu va chercher tous ceux et celles qui vivent l’enfer. Il n’est pas là où nous l’attendons dans une toute puissance infantile. Il est au cœur du tragique de notre existence pour nous redire : débout… Comme il l’a dit aux disciples endormis à Gethsémani.

Debout, l’heure est venu où le Fils de l’Homme va être livré. Debout, il est ressuscité. Et ce credo ne concerne pas que les catholiques : rappelez-vous ce texte décisif de Vatican II : «  Et cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal. » (Gaudium et Spes, 22,5) C’est bien ce que nous célébrons en cette Pâque. Bonne fête dans la fragilité de nos existences. Ne cherchez pas la résurrection ailleurs…

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Pour compléter votre article : "des dents qui rayent le parquet" il y en a pléthore.

Que ce soit chez les clercs, laïcs ou bénévoles.

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Bonjour Mr Janin

Je ne suis pas sûre que notre société attende un sauveur aujourd’hui. Je crois plutôt qu’elle est totalement désillusionnée et cherche à s’extraire du principe de domination quel qu’il soit.
La corruption est telle et à tous les niveaux, qu’il y a un rejet massif de toute forme de pouvoir. Exactement comme Jésus en son temps le faisait déjà.
C’est peut-être en cela que Jésus est justement proche de nous. Il a ressenti l’importance de sortir des logiques de pouvoir pour être à lui-même et aux autres. Et c’est en cela qu’il nous montre le chemin.

Le bilan clérical me navre plus qu’il m’enthousiasme.
Je disais il y a quelque temps à un ancien journaliste qu’en un siècle et demi, le clergé catho a fait des millions de victimes en Europe entre les congrégations pénitentiaires pour femmes, fillettes et garçonnets et garçons, la pédophilie (qui n’est pas une affaire nouvelle et qui a redémarré aussi rapidement que le clergé a retrouvé l’autorisation de refaire congrégations, écoles, etc, et qui sévit encore aujourd’hui), les atteintes aux droits des femmes, les vols et ventes de bébés (en France, en Irlande, en Espagne, en Suisse, etc), les réseaux de protection de nazis qui sont partis faire de nouvelles victimes ailleurs (Chili, Argentine, Brésil), mise en esclavage et vente d’enfants (l’abbé Santol et ses amis en France qui vendaient des gosses aux industries verrières et minières du nord et nord est de la France début 20ème siècle), les dérives sectaires et criminelles des communautés de la Nouvelle Evangélisation qui sont toujours d’actualité et même renforcent leur emprise, la radicalisation religieuse y compris dans les formations sacerdotales...

Dans le genre bilan catastrophe, je crois que le clergé catho atteint des sommets sur la période et dans toute l’Europe.
Sachant que la plupart des victimes sont des croyants très observants, ça fait très peur.
Et quand on sait que pour tout ça, le clergé prétend découvrir ces atrocités, alors qu’il s’acharne depuis des décennies à faire silence et déni sur ces horreurs, ça fait encore plus peur.

Qu’est-ce que Jésus dirait s’il revenait demain, face à cette Eglise qui n’est là que pour maintenir un système d’impunité criminelle et un système financier et politique commode pour les hauts-clercs, au détriment du reste de la population ?

Lui qui a dénoncé pharisiens et imposteurs religieux n’irait-il pas secouer les puces de nos épiscopats ?

Bonnes Pâques à tous et toutes.

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J’ai bien pris mon temps pour lire cet article qui suis l’éditorial. Il m’a semblé que Dieu avait le comportement d’un être humain... Bizarre... Je n’ai rien compris et je n’en conserverai rien.
Ferréol, un lecteur qui a le sentiment d’avoir perdu son temps.

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On dirait un pastiche d’homélie moderne. La résurrection du Christ, ce serait, si j’ai bien compris, notre résurrection à nous, en appelant ainsi le fait de nous remettre debout pour je revenir à je ne sais quel combat. La raison de reprendre courage, ce serait de nous rappeler que Dieu a partagé notre vie et notre souffrance. L’intérêt que Dieu aurait pris pour les hommes (tous, y compris les incroyants, comme c’est dit à la fin) devrait nous faire penser que nos efforts ne sont pas vains... Il est possible que j’aie tout compris de travers. Mais si je suis sur la bonne piste, j’aimerais savoir d’où l’on tire cette conviction que Dieu se serait incarné, si ce n’est des hypothèses qu’ont fait des théologiens en acceptant comme argent comptant des récits de miracles et en particulier, celui de la résurrection du Christ.

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