Parution : 2 mai 2017
Instrumentalisation

Un exemple en est l’utilisation idéologique, à des fins partisanes, de faits historiques. Ainsi la candidate d’extrême droite à nos élections présidentielles, interrogée sur TF1 le 18 avril dernier, s’est-elle réclamée de Richelieu, qui commanda le siège de La Rochelle en 1627, place forte tenue par les protestants : ce terrible siège se termina par 25 000 morts. Pour notre candidate, Richelieu fut le promoteur d’un État qui refusa « qu’une religion prenne le pas sur la France ». Devant son interlocuteur dubitatif, elle a ajouté : « C’est peut-être les protestants qui avaient des exigences à l’époque qui allaient à l’encontre de la nation » (Source : www.reforme.net, 19/04/2017).

À ce compte, elle aurait pu aussi défendre, comme fit Bossuet, les dragonnades de Louis XIV, et la chasse des Camisards. Mais évidemment, derrière le fameux refus « qu’une religion prenne le pas sur la France », c’est bien, au-delà du protestantisme, l’islam qui est aujourd’hui visé par notre candidate. Déjà sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen avait parlé de la Provence « occupée par les Sarrasins, les nazis et les protestants… » (même source)
L’instrumentalisation des faits et les amalgames les plus baroques sont peut être démagogiquement efficaces, mais intellectuellement inadmissibles et politiquement catastrophiques. Nos sirènes extrême-droitières font ici un usage bien étrange et particulier du principe Cujus regio, ejus religio (À chaque région sa religion). Elles y confortent le mythe d’une nation monolithique et unanimiste, résumé par le « catholique et français toujours ! » du chant Ô Marie, ô Mère chérie, très en vogue sous le Maréchal, lors de la dernière occupation allemande. Pourquoi la patrie serait-elle exclusivement « catholique », au mépris de nos malheureux protestants, et aussi des adeptes d’autres confessions, y compris même des athées ? À dresser ainsi les gens les uns contre les autres, on peut faire éclater le corps social, et on ne sait pas à quelle guerre civile peut mener cette attitude d’apprenti sorcier.

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Michel Théron
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