Parution : 2 mai 2017
Quels « jugements » sur les choix de la période révolutionnaire ?

Par ce que fut ma profession, je m’intéresse aux chiffres. S’agissant des « vocations consacrées » j’accumule des données depuis 2006. Un site http://www.servianet.com/verite.net/mag/ aux auteurs non identifiés, s’est attelé depuis 2014, aux mêmes recherches sous le vocable « La vérité des chiffres ».

Le recensement sous le titre « Les ordinations depuis 300 ans – reflets de la France » se termine par des conclusions (non signées) pour le moins surprenantes et simplistes :
• « La chute des ordinations de 1750 à 1789 a précédé les massacres de la Première République et de son prolongement que fut l’Empire.
• La chute des ordinations de 1901 à 1914 a précédé les massacres de la guerre de 1914-18.
• A chaque fois l’Église de France s’est relevé de façon magistrale par ses prêtres, ses religieuses et ses religieux.
• La chute des ordinations de 1950 à 1975 a précédé 9 millions d’avortements de 1976 à 2015 ». (sic !)

Objectivement :
La Révolution française, n’a pas grand-chose à voir avec le nombre de prêtres et de religieux… sauf à dire que ceux-ci participaient et cautionnaient un ordre social décrié et renversé. Et que la très grande majorité des prêtres n’était pas « contre révolutionnaire » cf le lien vers le TP n°5
La chute des ordinations de 1901 à 1914 est due pour partie à la loi de 1905 et pour partie à un clivage générationnel du type de celui ayant existé après la Restauration et durant la Monarchie de Juillet…
Pourquoi la reprise des ordinations et des professions de vœux de 1920 à 1938 n’a pas évité les massacres de la guerre 39-45 ?
Quant au dernier argument il signe l’origine du site « la vérité des chiffres » puisque ses publications sont manifestement au service de la « Manif pour tous » et de « Sens commun ».

Dommage donc, qu’un tel parti pris accompagne un travail de recensement en soi très utile parce que difficilement accessible. Sur ce point ceux donnés par ce site sont à priori fondés. Nos travaux pratiques sur l’Histoire des « vocations consacrées » de la Révolution française à aujourd’hui, ont pour objectif une meilleure compréhension de ce qui amène à la vie consacrée, et de ce qui en détourne. Les chiffres sont un éclairage parmi d’autres, mais que de différences entre eux suivant que l’on passe du national au local, d’une époque à une autre époque, d’une région à une autre région, d’une communauté à une autre communauté, d’une personne à une autre personne !

Ce TP n°5 s’attache à découvrir ce qui, au-delà des itinéraires personnels et des particularités régionales, a pu influencer ou provoquer globalement les choix des prêtres, religieux et religieuses dans les tourmentes révolutionnaires, sous trois rubriques :
Le silence des petites mains de l’Église
Curés et vicaires, raisons et sentiments
Le ras le bol des abdicataires

Précédant ces rubriques, les chiffres ayant servi aux travaux antérieurs permettront une meilleure approche des pourcentages de départs au regard du « petit reste » reprenant le chemin du couvent ou du ministère paroissial, après la période révolutionnaire. Ils mettent l’accent sur un phénomène de retours à la vie séculière, minimisés ou occultés au profit de figures de résistances ou de martyrs de la Révolution. Ces résistants et ces martyrs sont honorés et respectés, ils ne sauraient faire oublier toutes celles et tous ceux que nous célébrons le 1er novembre de chaque année :

« Ils sont nombreux les bienheureux
Qui n’ont jamais fait parler d’eux
Et qui n’ont pas laissé d’image...
Tous ceux qui ont, depuis des âges,
Aimé sans cesse et de leur mieux
Autant leurs frères que leur Dieu ! »

En lien le TP n°5 ci-joint :

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