Parution : 16 mai 2017
Performance

Ce mot est censé maintenant faire partie du domaine de l’art, mais je laisse mes lecteurs en juger au vu d’un événement récent. L’« artiste » français Abraham Poincheval a passé trois semaines à couver des œufs, enfermé dans une boîte en plexiglas au vu du public, au Palais de Tokyo à Paris. Pour son « premier travail avec du vivant », il a été récompensé de sa patience : un premier poussin vient d’éclore, lui confirmant qu’il avait lui aussi le pouvoir de « donner la vie ». Il n’en est pas à sa première tentative : il a déjà passé huit jours dans un trou sous une pierre d’une tonne, deux semaines à l’intérieur d’un ours naturalisé, une semaine sur une plate-forme à 20 mètres au-dessus du sol devant la Gare de Lyon, traversé les Alpes-de-Haute-Provence en poussant un cylindre qui lui servait d’abri, et vécu à bord d’une bouteille géante (6 mètres de long) en remontant le Rhône (Source : leparisien.fr., 18/04/2017).

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Ces « exploits » relèvent du spectacle, du cirque ou du sport, ou bien de la téléréalité. Mais pourquoi parler d’« art » à leur propos ? Une posture, une mise en scène, même intentionnelles et voulant faire réfléchir, ne sont pas de l’art. Ce qu’on appelle « art conceptuel » par exemple oublie qu’entre l’intention et la réalisation il y a la médiation d’une activité spécifique, très souvent longuement et durement apprise, et la mise en œuvre d’un matériau qui lui est propre : l’art n’est pas la vie elle-même, crue et brute, il la représente ou l’évoque. De là viennent les impostures de beaucoup de « performances », happenings, « installations » modernes : la nécessaire « digestion » de l’art, le fossé entre l’art et la vie n’y sont pas respectés.
Il a été ignoré aussi naguère au musée d’Orsay, par une « artiste » féministe luxembourgeoise qui s’est assise par terre, cuisses ouvertes, dévoilant son sexe, sous la toile de Courbet L’Origine du monde (voir mon billet Œuvre dans le numéro 341 de Golias Hebdo).
Que penser alors de l’art contemporain, si des « artistes » de ce genre en font partie ?

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Performance 20 mai 21:35, par Françoise

Bonjour Michel

Les performances démarrent dans les années 50 et constituent aujourd’hui le gros de ce qui s’appelle l’art contemporain.

L’artiste produit de moins en moins une oeuvre durable mais se met en scène momentanément de façon éphémère.

Vous avez eu Joseph Beuys (discours à un lièvre mort, le coyote), Nikki de Saint-Phalle (tir à la carabine), tout ce qui relève également du mouvement body art (séance d’autotaouage, vomi, utilisation de son urine et de ses étrons), travail d’artistes autour de la pourriture végétale et animale, d’autres encore...

Le but n’est plus de produire véritablement une oeuvre artistique mais de choquer, provoquer le public. D’attirer des spectateurs amateurs de sensationnel.

Et le pire, c’est que ça marche.
Parce que l’art au sens plastique du terme est devenu non plus une démarche véritablement technique, mais un moyen de spéculation, ainsi qu’un espace où l’expression est plus importante que la technique.
D’où aujourd’hui l’absence dans quasiment toutes les écoles d’art (au moins pour les cours du jour) de cours d’anatomie, de cours véritables de dessin et de peinture dite classique et académique. D’une part, parce que la plupart des profs n’ont pas la qualification, mais aussi parce que ce n’est plus du tout la préoccupation des écoles d’art. La seule technique apprise est celle de la communication, du marketing, de la publication assistée par ordinateur pour la présentation des travaux. Le reste n’est plus enseigné.
C’est considéré comme inutile, vieillot, dépassé.

D’où une insignifiance de plus en plus grande dans les travaux.

Pour conclure ce propos, je vous mets ce petit lien d’une visite à la FIAC :

https://www.youtube.com/watch?v=l8qQ5piQYYg

Je pense que vous apprécierez ! ;-))

Bises, Michel !

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