Parution : 24 mai 2017
Transmission

Je viens de voir le dernier film de Martin Provost, Sage femme, et je l’ai beaucoup aimé. L’héroïne incarnée par Catherine Frot est bien de son métier sage-femme, mais comme on le voit dès le générique initial, le trait d’union disparaît et le titre devient effectivement : Sage Femme – ce qui montre que le personnage va s’acheminer vers une sagesse. Sa réconciliation avec la vie va être progressive : de réservée au début, elle va s’immerger finalement dans le grand flux de l’existence, au contact de la femme fantasque incarnée par Catherine Deneuve, dont la mort lui donnera la vie, par une sorte de chiasme intéressant.

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Ce qui m’a plu surtout est le contenu de cette sagesse enfin trouvée. En effet on voit bien que cette sage-femme exerce son métier de façon traditionnelle : elle est pleine d’empathie pour ses patientes, et les assiste avec le plus d’humanité possible. Mais on voit aussi dans le film que tout cela change aujourd’hui. Les petites maternités ferment, au prétexte qu’elles ne sont pas rentables, et les remplacent de grandes structures, des « usines à bébés », qui jouent tout sur la technique, et n’ont que faire du contact humain. On est bien dans ce René Guénon appelait « le règne de la quantité et les signes des temps ». Aussi notre héroïne décide-t-elle de se mettre en congé de ce monde déshumanisé. Un temps elle songe à fonder une « école » où serait enseigné ce qu’elle a reçu elle-même. De toute façon, et c’est la grande leçon de ce film, seule compte désormais, comme elle le dit, la « transmission ».
J’ai senti là beaucoup d’échos personnels. Quelques années avant que je prenne ma retraite de professeur, j’ai remarqué que l’attitude seulement consumériste et utilitaire se répandait chez mes étudiants. Face à cette déshumanisation, reste donc la transmission de ce qu’on sait et à quoi l’on a cru à certains, sans doute bien rares aujourd’hui, qui en sont demandeurs. Protégeons de nos mains cette petite bougie, pour éviter qu’elle ne s’éteigne au grand vent de la barbarie consumériste et technicienne.

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Transmission 29 mai 01:24, par Françoise

Coucou Michel

Je n’ai pas encore vu le film de Martin Provost(j’avais très envie de le voir car j’avais adoré son avant dernier film "Séraphine", hélas c’est dans la période où je suis surbookée par les différents examens et expositions d’élèves), mais le film fait écho à un article que j’ai lu aujourd’hui sur Médiapart et qui parle des fermetures de maternités en Suède (on le voit aussi chez nous en France), ce qui est un vrai problème pour de plus en plus de suédoises confrontées à des accouchements seules, parfois dans des conditions extrêmes à la fois climatiques et de situation (dans la voiture qui devrait les amener accoucher). L’obsession de la rentabilité de tout et tous, met la santé de tous en jeu et déjà celle des femmes et des enfants. Quand donc les gens se rebelleront contre de telles inepties produites à la fois par du management déconnecté de l’humain, par des labos pharmaceutiques et par des financiers ?

https://blogs.mediapart.fr/barbara-strandman/blog/270517/suede-les-femmes-ont-perdu-la-garantie-d-une-place-en-maternite

J’aime énormément Catherine Frot, la façon dont elle se glisse dans différents personnages et ce qu’elle dit à travers ses rôles. Dans un autre rôle, celui d’une mère de famille bourgeoise qui se rebelle en défendant une prostituée marocaine dans Chaos de Coline Serreau, elle était admirable.

https://www.youtube.com/watch?v=TTyHwHC3cJs

Si vous avez l’occasion de le voir en dvd, nul doute que le film vous touchera.

Un autre film sur le même thème, que j’ai en dvd, c’est celui d’Eléanore Faucher : Brodeuses. Un beau film sur la transmission d’un métier d’art exigeant, dans des conditions et circonstances extrêmes tant pour l’élève que l’enseignante.

https://www.youtube.com/watch?v=Zf9wwJaoD3w

La transmission, quand on a conscience de la préciosité du cadeau reçu initialement et de l’importance de l’offrir au plus grand nombre de gens sans restriction(sinon la connaissance est perdue), fait que toute la vie, le moindre moment a de l’importance et de la valeur. Elle nous fait toucher à une harmonie profonde intérieure et extérieure et elle honore celles et ceux qui reçoivent l’enseignement ; même si sur le moment, ils ou elles n’ont pas conscience du cadeau reçu.

Ce n’est pas important. L’essentiel est ailleurs : dans la certitude que ce qui n’est pas donné est perdu, ce que tu gardes est foutu...

Une petite vidéo illustrative pour conclure autour du thème :

https://www.youtube.com/watch?v=h_Tqgk1-9F8

Bises, Michel.

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Le dernier livre de Michel Théron, Sur les chemins de la sagesse, est disponible sur commande en librairie, ou directement sur le site de son éditeur BoD https://www.bod.fr/livre/michel-theron/sur-les-chemins-de-la-sagesse/9782322080823.html (248 pages, 9,99 euros)

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Le site de l'auteur : le blog de Michel Théron
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