Parution : 4 juillet 2017
Professionnalisme

Il semble que ce soit la moindre des choses à exiger de la part d’un intervenant dans une quelconque activité de statut social. Ainsi on attend d’un acteur que sa diction soit bien nette et compréhensible. Ou bien d’un preneur de son au cinéma qu’il fasse que les paroles soient bien audibles des spectateurs. Autrement, le cinéma n’a de « parlant » que le nom.

Je viens de voir le dernier film de Jacques Doillon Rodin, et je n’y ai littéralement rien compris. Vincent Lindon est encore plus inaudible que d’habitude : il ne parle pas, il grommelle, et 90% de ce qu’il « dit » est une bouillie verbale informe, au point que ce que veut signifier le film dans son ensemble nous échappe complètement. Sa façon de s’« exprimer » déteint sur sa partenaire jouant Camille Claudel, que l’on ne comprend pas davantage la plupart du temps. On a envie de sortir de la salle au bout de quelques minutes, et de demander des sous-titres !
Beaucoup de films modernes tombent dans le même défaut. Parfois c’est dû à la prise de son. Dans Le Mépris de Godard la musique est tellement envahissante que pratiquement rien n’est compris des paroles des acteurs. Mais souvent ce sont ces derniers qui sont responsables. Autrefois, il s’agissait aussi d’acteurs de théâtre, et au théâtre on apprenait l’art de l’élocution. Mais aujourd’hui ce n’est plus nécessairement le cas. On objectera qu’il faut être « naturel », et que dans les circonstances ordinaires de la vie on n’articule pas nettement. Mais c’est une erreur : l’œuvre n’a rien à voir avec la vie, et l’artifice y est nécessaire pour la rendre probante. Qui ne voit que dans le domaine de l’image la caricature même est plus vraie que la photographie ?
Au reste, le recours au « naturel », signe du fâcheux laisser-aller moderne, n’est bien souvent que l’alibi de la paresse à apprendre la diction. Il participe aussi d’une grande impolitesse. Quand on s’adresse à un public, il faut un minimum se mettre en frais pour être compris de lui. Quand cet effort n’est pas fait, on n’est pas vraiment professionnel.

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