Parution : 7 septembre 2017
Affaires Preynat : Les fourberies de Barbarin

Cet entretien1 au « Monde » dans la torpeur estivale nous aurait presque
tiré des larmes si l’on n’avait rien connu du comédien qui battait ainsi
sa coulpe : « Face à la pédophilie, ma réponse n’était pas à la mesure de
l’enjeu », une jolie phrase reprise en boucles pour faire croire qu’enfin, le
cardinal Barbarin avait compris. Hélas, on reprit moins cette information
stupéfiante : « En accord avec le procureur, qui a été consulté, nous avons
suspendu la procédure canonique [ouverte contre Bernard Preynat, NDLR]
pour respecter la procédure civile actuelle. » Ces deux faits n’ont rien à voir
mais plus c’est gros et plus ça passe. Pas du côté de La Parole libérée, en
tout cas, qui a le sentiment justifié que les victimes ne sont décidément pas
respectées par l’Eglise. On ne peut franchement pas leur donner tort…

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Aussi fou que cela puisse paraître, la procédure canonique à l’endroit de Bernard Preynat, le prêtre pédophile du diocèse de Lyon protégé par ses archevêques, a été « suspendu[e] ». Et par qui ? Le cardinal-archevêque de Lyon, Mgr Barbarin ! C’est au détour de son entretien au quotidien Le Monde (11/08) que « La Parole libérée » l’a appris en même temps que le lecteur ! Selon lui, il a voulu « respecter la procédure civile » voulue par les victimes, lui donner la priorité ; or, à ses yeux, le procès canonique aurait pu interférer (alors que la procédure civile n’a rien à voir avec Bernard Preynat) dans la procédure civile… Finalement, si les victimes n’avaient pas attaqué au civil, la procédure canonique aurait pu se poursuivre, c’est bien ce qui est dit entre les lignes. Le cofondateur de La Parole libérée, François Devaux, démonte cette argumentation dans l’entretien qu’il nous a accordé et pour lequel nous l’en remercions. La Parole libérée s’insurge face à cette décision personnelle du primat des Gaules qui n’a même pas pris la peine de l’en avertir… Le cardinal Barbarin n’a pas fini de demander pardon pour les « erreurs » commises !
D’autant plus que la procédure canonique se révèle « d’une complexité et d’une opacité décourageantes, selon les victimes du père Preynat », dixit Le Monde (28/08), auxquelles il faut ajouter la prescription des faits dans de nombreux cas. La procédure canonique est la seule voie de reconnaissance des graves manquements de la part de l’Eglise et de ses clercs prédateurs qu’elle a protégés pendant tant d’années. Mais le cardinal Barbarin en a décidé autrement, sans concertation aucune, sans même en parler aux victimes, les premières concernées par ce procès. Heureusement qu’il dit les respecter, qu’est-ce que ce serait en cas contraire ! Encore qu’il n’en est plus à une contradiction près : dans l’entretien accordé au Monde, il explique trouver « inadmissible » le fait qu’on puisse l’accuser d’avoir « couv[ert] » Bernard Preynat tout en reconnaissant une ligne plus loin qu’« aujourd’hui, on n’agirait plus comme cela », à savoir laisser un prédateur en fonction (quand bien même il n’y aurait plus aucun fait) et même le promouvoir doyen. Et de plaider sa bonne foi, quitte à déterrer le cardinal Decourtray (1981-1994) et ses successeurs, les cardinaux Balland (1995-1998) et Billé (1998-2002) qui ont laissé Bernard Preynat en poste, et que lui-même à promu doyen…

Mais surtout, le droit canonique paraît absolument abscons et personne n’y comprend rien, pas même les canonistes qui, comme les médecins de Molière, se contredisent dans les interprétations d’un même article ! Au fond, la procédure n’est pas à la hauteur des enjeux et le droit de l’Eglise complètement largué face au drame de la pédophilie cléricale. On sait aujourd’hui que la prescription de ces faits n’est plus admissible, que ce soit en droit français ou droit canon, par exemple. Par ailleurs, il faut s’interroger sur la compétence des canonistes dans les officialités diocésaines. « La Parole libérée » a vécu des moments qualifiés d’« ubuesque[s] » avec des juges à côté de la plaque et des enjeux, sans doute « sympathique[s] » mais surtout dépassés par les événements. Imagine-t-on que les victimes n’aient pas été autorisées à se faire assister d’un avocat lors des différentes auditions ? C’est pourtant bien ce qui s’est passé ! Il y a aussi la volonté délibérée de l’Eglise d’avoir opté pour une procédure canonique administrative – plus courte car les faits sont avérés – plutôt qu’une procédure canonique judiciaire – plus longue en raison des complexités de l’affaire. Or, des réparations peuvent être demandées dans la procédure judiciaire mais nullement dans la procédure administrative. Ecœurant, non ? L’affaire Preynat/Barbarin pourrait-elle faire jurisprudence ? Sans doute que non car alors combien de diocèses feraient faillite, comme aux Etats-Unis, en raison des dommages et intérêts versés aux victimes de pédophilie cléricale ? Pendant ce temps, le cardinal Barbarin est toujours primat des Gaules, Bernard Preynat prêtre du diocèse de Lyon, et les victimes toujours victimes…

17 commentaires
Affaires Preynat : Les fourberies de Barbarin 14 septembre 12:48, par pierre

l’hypocrisie de l’eglise romaine et de ses dirigeants,
fait ce que je dis....mais surtout pas ce que je fais !

Au vu du nombre de moins en moins elevé des fidèles dans les lieux de culte, on s’aperçoit que leurs manigances a beaucoup déçus et que les fidèles s’en vont vers d’autres "chapelles" !

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Cash Investigation Pédophilie en Afrique 9 septembre 19:38, par Jean MIGUEL

Cash Investigation diffusé en Mars 2017 avait révélé plusieurs affaires de pédophilie en Afrique.
Le frère Albert, de la congrégation des frères du Sacré Coeur, vient d’être mis en examen après avoir reconnu en garde à vue avoir fait une quarantaines de victimes en Guinée...
Par ailleurs, suite à l’enquête diffusée par Cash Investigation une enquête préliminaire vise la Communauté St Jean à travers les faits révélés dans cette même émission ... A suivre ...

Voir en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=0-Y...

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Les fourberies de Barbarin 8 septembre 13:26, par sébastien

Bonjour à l’auteur,

En fait Golias ignore peut-être que les procédures canonique / civil et les accords passés avec la justice française (et dans beaucoup de pays) ont établi la primauté de la justice civile sur la "justice canonique". De ce fait, il n’est pas possible de mener un procès canonique tant que le procès civil n’est pas terminé. Cela permet d’éviter les interférences et de tenir compte des décisions de la justice civile pour le procès canonique.

L’inconvénient est que cela maintient les victimes dans l’attente d’une décision ecclésiale, et des prêtres dans l’indétermination. Je connais plusieurs situation où c’est long, très long.

De fait, il n’était donc pas "légal", je pense, de poursuivre la procès canonique de Bernard Preynat.

Mais cela me parait sage, et part d’un bon principe acquis pas le temps : l’Eglise se "’plie" au droit du pays.

Cordialement, Sébastien

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Les fourberies de Barbarin 8 septembre 10:47, par Françoise

Gino,

Vous savez bien que les procédures canoniques sont essentiellement de la poudre aux yeux pour la société civile (genre voyez, on fait quelque chose pour mettre fin aux crimes, malversations). La plupart de ces procédures aboutissent non à la condamnation des clercs concernés, mais à la mise au vert dans de beaux palais romains, chauffeur limousine, petit personnel, vie dorée, pour ceux qui sont accusés.

Je suis en train de suivre sur différents sites internet américains et italiens, une affaire similaire qui concerne un archevêque, celui de Guam : ça tourne à la farce tellement le procès canonique ne requiert ni présence de l’archevêque, ni condamnation...et pendant ce temps, l’archevêque de Guam coule des jours heureux dans une somptueuse villa en Californie, des gardes devant la maison empêchent toute arrestation policière, toute interview...

Et à qui le Vatican prépare une belle retraite dans un somptueux appartement de Rome - faut ce qu’il faut-....

Faut même pas s’étonner de la procédure d’arrêt canonique de Barbarin. En graissant quelques pattes, il est quasi sûr de gagner au civil à nouveau et comme il ne compte pas s’arrêter maintenant au plan de ses ambitions cléricales, même avec les privilèges qu’on lui propose en compensation... allez ouste, un dégagé, le procès canonique !

Prochain objectif de Barbarin, devenir pape.
Donc il profite de la première occasion pour demander le retrait du procès canonique, procès qui le mettrait sur la touche dans la course au pouvoir ultime. Et pour tromper le joli monde, il prend un prétexte fallacieux de considération des victimes en plus...Don Salluste dans la Folie des Grandeurs de Gérard Oury n’aurait pas agi autrement.

Faudrait peut-être que l’association la Parole Libérée vienne faire une manif sous ses fenêtres avec des pancartes le représentant comme le personnage de de Funès dans le film d’Oury. Succès média assuré !

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Les fourberies de Barbarin 8 septembre 00:25, par fossat

Cet église me fait vomir des barbarians il y’a n’a partout le pape couvre tout ces criminels a vomir

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