Parution : 27 octobre 2017
Golias Hebdo : dix ans déjà !

Depuis dix ans que l’hebdomadaire existe (le n° 1 date de novembre 2007), Golias – qui a fêté ses trente-deux ans d’existence (n° 1 de la revue : mai 1985) – tente dans le fracas de ce monde toujours plus rapide, toujours plus complexe, toujours plus connecté, de décoder, d’apporter un autre regard, d’« empêcher de croire en rond ». Dans le domaine ecclésial, naturellement, notre singularité ; dans les domaines socio-économiques, politiques et sociétaux aussi, en cherchant à donner toutes les clefs, entre autres celles qui n’apparaissent pas dès l’abord. Notre objectif : que le lecteur puisse se faire une opinion en toute conscience, être éclairé.

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C’est encore le cas à divers titres dans ce numéro spécial. Au sujet des ordonnances Travail qui vont profondément modifier les rapports employeurs/employés, par exemple. On s’en réjouirait si ce qui est présenté comme une réforme n’était en réalité qu’une régression : on fermera des entreprises plus facilement puisqu’on licenciera « sans problème ». Notre pays compte près de dix millions de demandeurs d’emplois et au lieu de les aider, on perfuse les entreprises, lesquelles, après avoir bénéficié de subventions multiples et autres crédits d’impôt, - depuis fort longtemps, avec un tournant radical en 2007 – pourront s’expatrier dans un autre pays où la main d’œuvre est moins chère. Sans rendre l’argent, bien sûr ! Il s’agit de leur donner des moyens d’investir, de leur rendre confiance… Il y a de quoi être révolté, à l’image de Serge Portelli, président à la cour d’appel de Versailles et membre du Syndicat de la magistrature (SM, gauche), qui a bien voulu apporter son éclairage sur ces ordonnances et leurs graves conséquences. C’est l’homme qui est bafoué ; il ne s’agit pas de le rendre plus libre, plus adulte, plus indépendant : il s’agit de l’asservir, encore et toujours. L’homme, et la femme naturellement, qui souffrira davantage encore avec ces nouvelles dispositions jupitériennes, la femme encore et toujours considérée comme un sous-homme dès lors qu’il s’agit de la rétribuer pour son travail, que l’on viole parfois – la scandaleuse affaire Weinstein et ses répercussions dans les milieux politiques et artistiques de notre pays le démontrent affreusement – en échange d’un travail.

Dans la maison Eglise, elle n’est pas non plus très bien considérée, et Golias, dès sa création, appela à une meilleure reconnaissance de la place et du rôle des femmes dans l’Eglise. En vain jusqu’à présent, même si les choses pourraient changer. La réflexion théologique sur le diaconat féminin que nous proposons depuis le n° 498 se prolonge, de fait, dans ces pages, avec l’entretien accordé par le
P. Marcel Metzger – que nous remercions chaleureusement – et se poursuivra la semaine prochaine. L’enjeu est de taille car au-delà du diaconat féminin, c’est bien les ministères qu’il faut réformer ; repenser l’Eglise pour ce XXIe siècle si élastique (pour ne pas dire « liquide », cf. Golias Magazine n° 164 et Golias Hebdo n° 496), si déstructuré à bien des échelles. Débute par ailleurs aujourd’hui – et pendant six semaines – une réflexion sur « la prise de risque en christianisme » que nous confie le théologien Jacques Musset grâce à laquelle chacun pourra se rendre compte que le monolithisme romain actuel ne fait pas partie de la Tradition de l’Eglise, loin s’en faut, encore moins de la Tradition biblique. Un feuilleton riche qui touche aux grands dossiers que nous traitons depuis trois décennies et qui nourrit à maints égards le débat sur le service ecclésial. Bref, poursuivre le dialogue et le dialogue avec tous. C’est bien ce mot qui est au cœur du travail de Golias : un dialogue franc mais respectueux qui n’empêche pas la causticité, piment de cette actualité si triste bien souvent. Un dialogue qui n’empêche pas l’engagement, engagement qui ne se veut pas sectaire. C’est cela, Golias : dialoguant, engagé, ouvert mais nullement naïf et certainement pas béni-oui-oui ; Golias est une brebis, non un mouton. Mais Golias, c’est aussi et surtout le refus du centralisme, du repli sur soi, de l’affirmation identitaire, du rejet de l’autre qui menacent tant notre pays que notre Eglise. Il ne s’agit pas d’être des vigies mais de témoigner, à notre petite échelle, que là où est l’Homme, Dieu n’est pas loin ; que tout ce qui est humain est naturellement divin puisque Dieu en Jésus Christ a partagé « notre humanité commune », pour le dire comme Mgr Dagens, évêque désormais émérite d’Angoulême, dans nos colonnes (cf. Golias Magazine n° 159). C’est bien ce que nous nous répétons inlassablement même quand le découragement gagne – et cela arrive dans la rédaction parfois, pourquoi le cacher ?

Ce chemin que nous poursuivons chaque semaine – et tous les deux mois – depuis trois décennies, ne peut se faire que grâce à vous. Grâce à vous, chers abonnés, qui nous soutenez par votre fidélité, qui diffusez auprès des vôtres l’hebdomadaire et la revue, qui prêtez les ouvrages édités et permettez ainsi la (meilleure) connaissance de Golias, en dépit des a priori ou des jugements à l’emporte-pièce. Grâce à vous, chers donateurs, qui soutenez par des dons cette entreprise de presse libre et indépendante et qui lui permettez de le demeurer. Oui, grâce à vous, chers abonnés et donateurs, Golias vit sans publicité et n’est affilié à aucune officine (religieuse, politique, médiatique…) ; vous, chers abonnés et donateurs, permettez de faire entendre d’autres voix catholiques, pas toujours celles préconisées par la hiérarchie mais qu’intuitivement vous sentez plus adaptées, plus ajustées : plus vraies… Par les temps qui courent, c’est un luxe ! Mais c’est aussi l’assurance d’obtenir une information de qualité. Ce luxe et cette qualité d’information, ce sont vos œuvres que vous pouvez pérenniser grâce aux divers bons de souscriptions que vous trouvez dans les différentes éditions et en maintenant ce que vous êtes et faites. Le travail de Golias s’apparente à celui de la fourmi, mené inlassablement et malgré les difficultés – nombreuses –, mais c’est pour mieux vous servir : votre soutien nous oblige. A Golias, abonnés et donateurs sont avant tout des frères et des sœurs. C’est avec cet Esprit-là que la rédaction « boucle » les numéros hebdomadaires et bimensuels en se disant, rassurée et pleine de reconnaissance : « Oh ! Qu’il est bon d’être tous ensemble !... » Pour aller plus loin : http://golias-editions.fr/article5490.html

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Petit conseil de lecture 15 novembre 2017 14:42, par Adam

Voici un petit cadeau pour fêter les dix ans de Golias Hebdo. Puisque c’est l’anniversaire d’un magasine, je reste dans le thème en vous conseillant vivement de lire Père Elijah de Michael D. O’Brien.
Un fort bon roman, extrêmement profond ! Et un moyen de réfléchir sur des thèmes qu’aborde parfois Golias.

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Golias Hebdo : dix ans déjà ! 31 octobre 2017 18:15, par Efté

Bonsoir à toute la rédaction et la modération Golias, et aux lecteurs/lectrices et aussi aux participant-e-s au forum.
D’abord je salue en chacun-e La Sainteté qui l’habite...oui toutes et tous saintes et saints pour insuffler l’Espérance dans notre bas Monde....avant de trouver un jour Le Royaume"d’en Haut"...!
10 ans de Golias Hebdo..félicitations..Mais 32 années d’existence pour Golias...32 années où vous nous aidez "à porter un autre regard" et ou grâce à vous nous sommes appelé-e-s à ne "pas croire en rond" comme un serpent qui se mordrait la queue !Merci , oui grand merci car vous êtes cher Golias un Phare qui brille parfois quand la nuit s’épaissit et qui sait aussi se faire discret quand revient la Lumière.
Encore mille fois merci...une fidèle "suivante" du Seigneur Dieu et fervente de Golias !
Efté

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