Parution : 8 novembre 2017
Harcèlement

On en parle beaucoup aujourd’hui à la suite du scandale provoqué par un producteur important d’Hollywood, qui a abusé sexuellement de bon nombre de femmes. Les langues se délient, et un slogan même a été lancé par des féministes pour y contribuer : « Balance ton porc ! ».

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En pied de l'article.

Il est bon de briser une omerta séculaire. Mais les excès ne sont pas loin. D’abord le slogan en question peut conduire à la délation pure et simple visant des hommes à qui on dénie en fait toute présomption d’innocence. Dès que leur nom circule sur Internet, c’est fini, le mal est fait. Leur honneur est, comme disait Mitterrand à propos du suicide de Bérégovoy, « jeté aux chiens ». Ici ce sera : aux « chiennes de garde » !
Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ! Je pense à l’affreux proverbe où fatalement ici on aboutira : « Il n’y a pas de fumée sans feu ! » La liste est innombrable des incriminations sans preuve. Elle l’est dans la réalité, et aussi dans la fiction, depuis la femme de Putiphar accusant Joseph dans la Bible, Phèdre accusant Hippolyte chez Racine, jusqu’au film de Cayatte Les Risques du métier, où un instituteur est de la part d’une élève l’objet d’accusations qui sont de pures affabulations.
En dernier lieu, comment définira-t-on un harcèlement sexuel ? Certes on est en terrain sûr avec les gestes et les comportements physiques, depuis les attouchements jusqu’au viol, et la qualification judiciaire des peines encourues en ce cas va déjà jusqu’au crime. Mais que dire des paroles et des regards ? Si je dis à une femme qu’elle est belle, est-ce du harcèlement ? Et pareillement, si je la regarde avec sidération et comme ébloui, à quoi vais-je m’exposer ? Dévisager, est-ce envisager ?
En fait, la notion reste floue. Et le danger est de creuser irrémédiablement le fossé entre les hommes et les femmes. Aux États-Unis on ne parle pas à une femme dans une pièce dont la porte est fermée : elle doit rester ouverte, par précaution. Que gagnera-t-on quand on aura perdu cette notion pourtant essentielle et vitale pour les relations entre les sexes : la confiance ?

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Harcèlement 15 novembre 11:18, par Françoise

Bonjour Michel

Je pense contrairement à vous que si l’expression choisie aux US et reprise en France est lamentable (on pourrait rétorquer la chanson de Juliette, tout est bon dans le cochon), il était très important pour des femmes, de pouvoir dénoncer les violences qu’elles subissent de la part de la gent masculine au moins une fois dans leur vie.

Et là, il faudrait parler je pense de la culture du viol qui fait qu’en France, une femme, une jeune fille agressée sexuellement est toujours jugée partie prenante du fait de son habillement, de son attitude qui lui seront reprochés et atténueront la responsabilité du violeur. Nous avons vu récemment à quel point un violeur d’une enfant de 11 ans peut s’en sortir pour seulement atteinte sexuelle, simplement parce que la fillette ne s’est pas débattue et l’a suivi.
Comment, Michel, selon vous, une petite fille de 11 ans peut consentir à un acte sexuel de la part d’un adulte ?
N’y aurait-il pas un problème pour envisager le consentement et le discernement de ce que recouvre un acte sexuel chez une petite fille de 11 ans ?

Je vous passe un article sur le sujet qui fait état d’une étude en France réalisée en 2016 et qui montre à quel point notre société est encore sous l’emprise d’idées reçues à forte connotation culpabilisante et relativiste vis à vis du viol et notamment des viols d’hommes sur des femmes.

http://www.madmoizelle.com/etude-viol-idees-recues-france-511707

Mais aussi un petit résumé de la situation fait par le petit collectif : Et tout le monde s’en fout.

https://www.youtube.com/watch?v=pPH2GEB7-X0

Pour qu’il y ait confiance à la base, Michel, il faut qu’il y ait échange de consentement, donc consentement mutuel.
Ce qui n’est pas le cas dans une affaire de viol.
On a un consentement unilatéral du violeur qui ignore et passe outre le refus de sa victime.

Le harcèlement commence quand la sollicitation de séduction se fait insistante alors que la réponse qui a été donnée est négative.
Donc quand vous dites à une femme qu’elle est belle, ce n’est pas du harcèlement. Mais c’est du harcèlement quand vous insistez lourdement et de façon répétitive auprès d’elle alors que cette dernière vous a déjà dit clairement : écoute, Michel, t’es gentil mais je n’ai pas envie que tu m’abordes de cette façon. Merci de ne pas poursuivre en ce sens.

Est-ce que c’est plus clair pour vous ?

Et ce genre de situation abusive et lourde, toutes les femmes vivent cela au moins une fois dans leur vie. Et ce n’est pas normal. Encore moins normal quand le harcèlement va jusqu’au viol.

Donc oui, il faut dire que cette situation est insupportable. Le dire haut et fort pour que les choses changent au plan judiciaire, pénal, au plan éducatif aussi, parce qu’on ne sortira de cette culture du viol et de ces harcèlements que par l’éducation.

Pour autant, sans impliquer pour autant un cochon qui n’a strictement rien à voir avec le harcèlement non plus que le viol.

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