Parution : 14 janvier 2018
Genre

L’Église suédoise, évangélique luthérienne et dont l’Archevêque est une femme, va encourager prêtres et fidèles à proscrire les termes genrés pour désigner Dieu. Ainsi il ne faudra pas employer des termes comme « Le Seigneur », ou « Il » pour leur préférer le mot « Dieu » (neutre en suédois), moins spécifique. (Source : courrierinternational.com, 24/11/2017)

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Cela ne m’étonne pas de la part de la Suède, où à la suite d’un lobby féministe influent on veut tout « neutraliser » : ainsi les parents sont-ils invités à choisir n’importe quel prénom pour leur enfant, sans tenir compte de son sexe : par exemple on pourrait appeler une fille Jack, et un garçon Lisa, etc. (voir mon billet Totalitarisme dans le n°324 de Golias Hebdo).
L’argumentaire de l’Archevêque tient dans sa déclaration : « Théologiquement, nous savons que Dieu est au-delà de nos déterminations de genre, car Dieu n’est pas humain. » Il est vrai que parfois on désigne Dieu comme le « Tout autre », comme dans la théologie négative ou apophatique, selon laquelle on ne peut dire de Dieu que ce qu’il n’est pas. Mais alors il faudrait le désigner par une écriture inclusive « le.la Tout autre », avec tous les problèmes que j’ai déjà soulignés (Voir Inclusion, Golias Hebdo, n°452).
Mais plus profondément l’argument théologique ne tient pas, ou plus précisément il ne vaut que pour un juif ou un musulman, pour qui « Dieu n’est pas humain », car il ne s’est pas incarné. Au contraire, depuis le concile de Nicée, le christianisme affirme que Dieu s’est incarné dans la figure du Christ, dont on ne peut nier qu’il fut un homme, au sens masculin du terme. L’Église suédoise risque donc de se séparer des églises chrétiennes nicéennes, majoritaires, et de passer à leurs yeux pour hérétique.
Pour la consoler, disons-lui que l’Esprit, la troisième figure de la Trinité, est féminin en hébreu : Ruah. Cela introduit une composante féminine dans la conception chrétienne de Dieu. Je ne sais si cela suffira. En tout cas, si on s’est gaussé autrefois des disputes byzantines, on voit qu’elles ne sont pas terminées.

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Genre 17 janvier 11:27, par Françoise

Michel, bonjour !

Faut-il vous rappeler que Dieu est père et mère à la fois ?
C’est Jésus qui nous disait ça dans les évangiles et dans l’Ancien Testament, c’est présent aussi dans différents livres.
Donc ce n’est pas nouveau et ça n’a rien d’hérétique du tout ni de revendication féministe.
Vous-même avez une part féminine en vous en plus de votre part masculine. Exactement comme moi en tant que femme j’ai une part masculine en plus de ma part féminine.
C’est l’équilibre de des deux pour chacun qui fait que nous sommes équilibrés et bien dans nos chaussures. Tout en étant pourtant pour vous un homme et pour moi une femme.
Alors pourquoi au regard de cette double réalité qui vous constitue, vous nous faites un blocage pour Dieu ?

Tiens, ça me rappelle la conférence spectacle de Meriem Menant : Dieu est-elle une particule ?

Je ne sais pas si vous l’avez vue, mais elle est très intéressante. Parce qu’elle parle de cet aspect mais aussi des recherches scientifiques sur Dieu...

Personnellement après mon expérience de mort imminente et de rencontre avec Dieu, je peux dire que Dieu n’est ni homme ni femme. C’est dans l’approche que j’en ai eu de l’énergie pure.Il n’a de commun avec nous que l’Amour.
Et vous avez remarqué un truc ? Le mot amour est masculin mais les amours sont féminines au pluriel. C’est rigolo, non ?
Alors vous voyez, si l’amour est à la fois féminin et masculin, combien l’Amour de Dieu peut être les deux à la fois...Vous l’avez d’ailleurs bien dans l’énergie électrique, avec des pôles masculins et féminins. Intéressant, non ?

Vous ne croyez pas que si Dieu avait choisi de s’incarner en une femme plutôt qu’un homme, ça aurait été exactement la même chose et que ça n’aurait rien changé ? Moi je crois que ça aurait été pareil. Parce que l’Amour dépasse les questions de genre, de sexe, d’apparence. Je vous renvoie à Isaïe Chapitre 49-50 sur ces questions...

Pourquoi les religions ont eu besoin d’évacuer le féminin divin ? Parce que la procréation de garçons par les femmes agace les hommes. C’est quelque chose qui échappe à leur contrôle. Si encore les femmes ne faisaient que des femmes, ça irait. Mais en plus, on fabrique des garçons...ahlala !
Et en plus, les garçons sortent par le même endroit intime féminin pour naître. Eh oui !
Et non, la maîtrise de la procréation n’est pas masculine.
Elle est partagée et même plus féminine que masculine.
Et c’est ce complexe masculin, ce manque de maîtrise, qui va faire disparaître les déesses de la fertilité pour en faire des dieux barbus et ultra virils. Ce qui va générer l’oppression du féminin par le masculin et imposer progressivement un monothéisme masculin.

Et tout ça, ça va avec les changements politiques et d’organisation sociale et familiale.

Pour ça que les religions monothéistes défendent le patriarcat, la domination totalitaire des hommes et luttent contre les droits des femmes.
Ca vient de là. Dieu se situe hors de ces oppressions. Jésus aussi. D’ailleurs Jésus, il avait un lien privilégié avec les femmes qu’il constatait plus ouvertes, plus proches du divin que certains disciples hommes, plutôt obtus.

Alors je ne sais pas, il faudrait peut-être travailler ça en thérapie, discuter de tout ça dans une joyeuse mixité sans tabou pour en finir avec ce type d’absurdité, que chacun se réconcilie avec sa part féminine et masculine. Et qu’enfin, on sorte de tout ce sexisme à la noix, en partie véhiculé par les religons, qui nous empoisonne l’existence et qui n’a rien à voir avec Dieu.

Vous ne croyez pas ?
Y a tellement mieux à faire sur terre...

Bises, Michel !

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