Parution : 19 mai 2018
Littéralisme

Trois cents personnalités ont signé dans Le Parisien du 22 avril dernier un manifeste « contre le nouvel antisémitisme » causé en France par la « radicalisation islamiste ». On y demande « que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par (le concile) Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime. » (Source : AFP, 21/04/2018)

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Les « versets du Coran » ne sont pas spécifiés, mais j’ai relevé au hasard ce fragment de la Sourate IX, verset 5 : « Tuez les idolâtres partout où vous les trouverez, faites des prisonniers, assiégez-les et guettez-les à toute embuscade... »
Mais la Bible juive n’est pas mieux lotie : « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux. » (Lévitique, XX/13) Et pas plus l’Évangile chrétien, dans la bouche du « doux Jésus » : « Quant à mes ennemis, ces gens qui ne voulaient pas que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi. » (Luc, XIX/27)
Bref chacun doit balayer devant sa porte, et je suis tout à fait d’accord pour que tous ces passages soient comme dit le manifeste supprimés de livres si violents qui, s’ils paraissaient aujourd’hui, tomberaient automatiquement sous le coup de la Loi pour appel au meurtre.
Mais je ne me fais aucune illusion. On tient tellement à eux, qu’on dit être de Dieu, qu’on n’en retranchera rien. Et on va encore dire que ces passages doivent être contextualisés, qu’ils répondent à telle situation historique, et qu’il ne faut pas aujourd’hui les prendre dans un sens littéral. Là est le grand sophisme : je mets au défi quiconque de me trouver un sens non littéral, ou figuré, dans les passages que j’ai cités. En attendant, ils vont continuer à faire leurs ravages dans les esprits faibles, qui les prendront simplement pour ce qu’ils sont.

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Littéralisme 10 juin 07:52, par roger

Pour Luc XIX, il me semble assez clair que le Christ évoque l’Enfer (mais pas l’Inquisition !).

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Littéralisme 10 juin 07:49, par roger

La Parole de Dieu est souvent exigeante et parfois dure même si nous toujours la tentation de l’édulcorer (François nous met en garde contre cela d’ailleurs). L’Enfer en toute hypothèse n’est pas un lieu de plaisir.

Pour l’Islam, en outre, le Coran ne doit pas être interprété mais cru mot à mot.

Y compris dans ses aspects juridiques et disciplinaires de détail : inégalité entre les sexes, peine de mort, interdiction du porc et du vin , etc...

Pas simple...

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Littéralisme 1er juin 11:30, par jean claude

Bonjour
Le passage de Jésus que vous citez n’est qu’une parole qu’il fait dire à son personnage dans la parabole. C’est comme si vous reprochiez à un écrivain les crimes qu’il fait commettre à ses personnages imaginaires.
Un peu d’honnêteté intellectuelle (et biblique) s’il vous plait, merci !

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