Parution : 15 juin 2018
Emmanuel Lafont évêque de Guyane : un pasteur engagé

Situé entre le nord du Brésil et l’ancienne colonie hollandaise du Surinam, ce département-région d’outre-mer souffre toujours d’un sous-développement lié à son passé colonial. Diffusée le 28 mai, la lettre pastorale d’Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, rappelle une réalité sociale douloureuse, au moment où s’annonce un projet minier destructeur de l’environnement, situé au cœur de la forêt amazonienne guyanaise,
qui ne répond aux attentes légitimes de la population.

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Le 28 mai, Emmanuel Lafont adressait, aux catholiques et aux personnes de bonne volonté de Guyane, une lettre pastorale sur la protection de la création. Un texte explicite, courageux, dans lequel il engage chacun à prendre la parole et à se tourner vers une conversion écologique conçue comme l’expression du bien commun. L’évêque de Cayenne s’appuie sur l’encyclique Laudato Si’ du 24 mai 2015, dont le sous-titre est précisément « Pour la sauvergarde de la maison commune », et sur le Synode pour l’Amazonie convoqué en octobre 2019.

Comment penser que la Guyane ne serait pas concernée par ces deux textes de référence ? Emmanuel Lafont n’a pas seulement choisi le lendemain de la fête de la Trinité pour diffuser sa lettre pastorale, mais aussi et surtout un moment où les Guyanais doivent s’exprimer sur la Montagne d’or1, un projet minier destructeur de l’environnement et un mirage économique. Emmanuel Lafont n’hésite pas à parler de pillage, de prédateurs miniers, financiers et industriels, de l’écart entre riches et pauvres, des peuples de la forêt, du consumérisme... Dans les grandes occasions, sa chasuble laisse apparaître un madras, à l’origine tissu de fibres de banane, symbole de son attachement au diocèse qui lui a été confié il y a quatorze ans. Lorsqu’il était en Afrique du Sud sous l’apartheid, entre 1983 et 1994, sa paroisse Saint-Philippe-Néri était un lieu de partage et de résistance... Emmanuel Lafont n’a pas perdu le sens du message évangélique, et lorsque, dans l’interview qu’il nous a accordée et pour laquelle nous le remercions, il évoque le mayouri, ce travail réalisé collectivement, on peut aisément traduire par « solidarité ». [découvrez l’ensemble de notre entretien dans Golias Hebdo 532 : http://golias-editions.fr/article5546.html]

2 commentaires

Peut-être ai-je mal lu, mais les évêques d’outre-mer n’apparaissent pas dans le tromboniscope. Est-ce pour une raison pratique ? Il serait intéressant d’avoir votre analyse de ces évêques, plus nombreux que ceux de Bretagne, par exemple.

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Un excellent évêque
Indifférent à la séparation Églises Etat (en fait il est contre)
Il intervient dans le débat public pour défendre des valeurs évangéliques (la protection de l’Amazonie)
Bravo

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