Parution : 2 octobre 2018
Infantilisation

On parle beaucoup actuellement du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Il paraît qu’une majorité de Français est pour cette mesure. Cela ne m’étonne pas, mais je dirai franchement que je suis en total désaccord avec cette mesure, qui va les infantiliser.

En effet, ils n’auront plus le sentiment de payer leur impôt, puisque l’opération sera faite à leur place. Passé le premier moment où ils verront leur feuille de paie amputée, ils s’y habitueront, et l’impôt leur deviendra indolore. Ils n’auront plus l’impression de contribuer par un impôt librement consenti à l’entretien de l’État et au fonctionnement des services publics. Tout va se diluer et s’oublier.
En outre la contestation de la somme due pourra certes se faire, mais seulement après qu’elle sera encaissée. On imagine la multiplication des contentieux qui va se produire par rapport à la situation actuelle, et le contribuable lésé ne sera plus comme avant en position de force pour réclamer, puisque l’argent lui aura déjà été prélevé. C’est une raison d’ailleurs pour laquelle personnellement j’ai toujours été contre les prélèvements automatiques des factures des divers services, quand on pouvait l’éviter.
On me dira qu’avec la nouvelle mesure on sera plus tranquille, et délivré du souci de régler soi-même ce que l’on doit. J’en suis bien d’accord, mais il faut bien reconnaître que l’individu ici échange sa liberté et sa responsabilité contre son confort. Il est un peu comme le Chien de La Fontaine, qui face au Loup préfère son esclavage à sa liberté.
Tocqueville avait déjà prévu cela dans De la démocratie en Amérique : « Au-dessus des citoyens s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? » (IV, 6)

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Michel Théron
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