Parution : 9 octobre 2018
Rentrons donc dans le cœur du sujet, si j’ose dire : « Dieu »

« Libre pensée » est une expression attribuée à Victor Hugo dans un discours de 1850, désignant, dans l’idéal, un mode de pensée et d’action qui ne se réfère pas à des postulats religieux, philosophiques, idéologiques ou politiques, mais se fie principalement aux propres expériences existentielles du libre-penseur, à la logique et à la raison (rationalisme, empirisme, pour se faire une opinion, doute pour éviter tout dogme).

68 commentaires
En pied de l'article.

Ah ces questions, vieilles comme le monde, que se pose sans fin le genre humain. Ainsi, comme l’écrit Jean d’Ormesson dans son livre C’est une chose étrange à la fin que le monde : qu’est-ce que la vie et d’où vient-elle ? Comment fonctionne l’univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s’efforcent de répondre à ces questions…

Bref, convenons que si Dieu avait été une évidence, cela se saurait depuis longtemps. À commencer par le fait que nous concevrions tous le même. À commencer par le fait qu’il se serait fait connaître. Il ne serait pas passé par des livres dits « sacrés », à réinterpréter sans fin. Encore moins par des institutions religieuses, ô combien faillibles. Il se serait adressé directement à notre raison. Et, tel un sentiment amoureux, nous le connaîtrions d’expérience. De cœur à cœur, à l’intime de l’être. Ainsi, il nous faut admettre que le Dieu anthropomorphique des religions n’existe pas. Il n’est ni tout puissant ni inquisiteur. Il ne s’intéresse pas à nos pensées ni à notre façon de vivre. Il ne nous surveille pas du matin au soir jusqu’au jour J : celui du « Grand Jugement ». Nous n’avons pas à croire en Dieu comme nous pouvons croire en la science.

Personnellement, je ne peux plus me fier à des vérités de foi invérifiables. Ma raison m’oblige à garder raison. Elle exige de moi honnêteté, lucidité, sens critique, doute méthodique. À se départir de la libre pensée, nous rejouerions sans fin le totalitarisme, l’Inquisition, les hérésies, la crise moderniste au nom des dieux, des fanatiques, des littéralistes et autres imposteurs. Je le dis sans détour : je préfère les poètes, les mystiques, les athées aux religieux dispensateurs de « vérités divines ». D’autant que ceux-ci n’ont jamais apprécié ceux-là. Trop libres les premiers, hors cadres, areligieux par nature.

Partons sur ce chemin sans chemin

C’est ce chemin sans chemin que je vous propose de creuser semaine après semaine. À la manière de Charles Juliet (Gratitude), de Baruch Spinoza (Traité théologico-politique), de Jiddu Krishnamurti (L’esprit religieux), d’Ernest Renan (Vie de Jésus), d’Eugen Drewermann (Fonctionnaires de Dieu), de Friedrich Nietzsche (Par-delà Bien et Mal) et de tant d’autres encore.

En vous invitant à y prendre une part active, de par vos réflexions et expériences. Afin d’enrichir le débat, d’approfondir notre humanité en chemin et, en finale, le sens de cette vie donnée un jour sans que l’on ne comprenne trop pourquoi. « Lorsqu’on ne parle pas de l’essentiel rien d’autre ne peut-être dit d’important », écrit Irvin Yalom dans Le problème Spinoza. C’est aussi mon sentiment. À vous lire donc, chers amis lecteurs.

N’hésitez pas à m’écrire : hubert.pascal333@gmail.com

68 commentaires

Bonjour et merci !

Ayant parcouru la totalité des échanges, ceux-ci illustrent bien la diversité des affirmations que nous pouvons formuler.
Et je partage bien des interrogations qui sont posées ( A/Dieu l’innocence de la la foi du charbonnier !).
Qui passera, verra (et je suis octogénaire).

Je m’impose une règle dans ce type d’échange : respecter toute autre formulation, la mienne n’en étant qu’une parmi bien d’autres !
N’est-ce pas une règle d’or pour tout ce qui se dit d’un dialogue, qu’il soit oecuménique, inter-religieux ou philosophique mais aussi intra-religieux ?

Je propose, pour ce qui est de "Dieu" une relecture des deux premiers textes de la Bible (certes mythiques) sur les commencements (Genèse 1 et 2) qui renvoient non pas à une complémentarité de la définition du divin mais bien à des différences, inconciliables malgré l’affirmation de biblistes très "officieux" : les choix entre aimant et jaloux (et sexiste !) sont déjà posées. Si cela vous intéresse, je puis vous adresser quelques commentaires.
Comme quoi bien avant Jésus, les prêtres du Temple avaient déjà quelques interrogations !
Encore merci pour vos échanges et bien cordialement.

repondre message

Bonjour Pascal

Puisque vous évoquez la libre pensée chrétienne, je vous renvoie à un blog que j’ai découvert voilà un an ou deux, super chouette et qui évoque pas mal de sujets, de thématiques et rassemble justement des chrétiens libres :

http://librepenseechretienne.over-blog.com/

Je me disais en vous lisant : pourquoi Golias et vous-mêmes ne pourriez-vous pas vous mettre en rapport avec le groupe pour qu’on puisse débattre et discuter tous ensemble, faire une sorte de coopérative de réflexion ?

Ce serait je trouve très sympathique et permettrait aussi de proposer ça aux Réseaux du Parvis, à TC peut-être aussi s’ils veulent...

Qu’en pensez-vous ?

Au plaisir de vous lire.

repondre message

Rentrons donc dans le cœur du sujet, si j’ose dire : « Dieu » 13 octobre 2018 10:45, par Barandiaran Rose Marie

Rentrons dans le cœur du sujet, si j’ose dire "Dieu"...
"Dieu" le mot déjà est un piège. L’astro-physicien Hawking comparait l’univers à "un gros ballon qui n’en finit pas de se gonfler", autrement dit un univers en extension qui met en jeu des milliards de galaxies. Vertige ! Pascal au 17ième écrivait :" le silence de ces espaces infinis m’effraie." Nous sommes loin de "Dieu", père barbu, tout puissant, créateur du ciel et de la terre..." qu’on s’est imaginé des siècles durant, caché dans la nuée, nous surveillant et tirant les ficelles... En fait non pas le Dieu de Jésus de Nazareth, mais celui de l’ancien testament, celui de l’orage dans la montagne.
L’Eglise n’a rien fait pour nous sortir de ces images dépassées. L’Eglise a peur de perdre sa soi disant "infaillibilité" si elle change quoi que ce soit à sa doctrine. Le voilà le problème actuel, et c’est déjà trop tard !
Dieu ? avec une foi adulte ou la seule "raison" comme vous le dites Pascal, il faut , soit y renoncer soit le penser autrement. Le modèle Dieu à "l’image de l’homme" a vécu...
Je ne dis pas, pour ma part, qu’il n’existe pas mais je le ressens comme un mystère, le Grand Mystère, la Source, la Vie, le "Tout de tout ce qui est" pour reprendre les termes du théologien José Arregi...
Bonne continuation pour ces réflexions qui nous réveillent... en toute liberté... Rose-marie

repondre message

"Nous n’avons pas à croire en Dieu comme nous pouvons croire en la science"

Pascal, j’espère que vous ne croyez pas en la science parce que ce serait le monde à l’envers et votre esprit critique se serait fait avant de dire ouf.
Quand on parle de science on parle de tout sauf de croyance.
"La libre pensée" si j’ai bien compris par la définition donnée était contraire au dogme, ou alors un moyen très fort pour s’opposer au dogme.
Et si la libre pensée est le fait de l’expérience personnelle d’un individu (expérience existentielle, rationnelle et logique) le dogme ce serait le fait d’un tiers.
Mais si mes expériences sont si uniques pour moi, ce ne serait pas un risque à ce que mon expérience devient un dogme pour moi ?
Ne finirions pas nous par nous exclamer comme Camus :"l’enfer c’est les autres !" ? Et on ne finirait pas comme Descartes par dire que puisque mes sens m’ont trompé je ne leur ferais plus confiance, et donc :"je pense donc je suis" ? Ne tomberions nous pas dans un mouvement universel de "peace and love" ? Ou peut être guidés par nos expériences empiriques et personnelles ne ferions pas nous une communauté marxiste sur terre, ou l’homme nouveau serait apparu ? Serions nous tentés par une recherche de la redécouverte de l’homme "par delà du bien et du mal" dans son "essence" même produire le "sur"homme, ou l’homme premier.
Comme quoi toute pensée conduit vers un totalitarisme, en tant qu’elle fonde un système.
Conclusion : supprimons la pensée !

repondre message

Bojour Pascal
Quelle bonne idée que cette liberté de penser et d’échanger. Quelle bonne idée de poser des questions et d’essayer d’y réfléchir, quelle bonne idée de penser que tout n’est pas écrit d’avance, quelle bonne idée d’aller, simplement et avec d’autres
Exister, c’est déjà un peu ça

Voir en ligne :  ; ;

repondre message

Rentrons donc dans le cœur du sujet, si j’ose dire : « Dieu » 12 octobre 2018 10:00, par Jean-Marc CAFFET

Bonjour,
en guise de commentaire voici le mail que j’adressais à Pascal Hubert ces jours-ci au sujet de sa nouvelle rubrique "Libre pensée" et après une visite sur son blog "Deviens ce que tu es" :

Bonjour,

en effet je reviens d’une visite sur votre blog. Comme je disais dans mon mail précédent je suis moi aussi "empêtré", pour reprendre votre mot, dans les questions existentielles...

Brièvement, je pense par exemple de plus en plus au fil de mes lectures que les religions et notamment la mienne, catholique, se méprennent sur leur conception d’un Dieu en tant que personne et soucieux du bonheur des Hommes. De plus comment pourrait-on qualifier ce Dieu avec des termes comme Amour alors qu’il nous offre une vie certes géniale dans sa manifestation biologique mais immédiatement semée d’embûches de toutes sortes, mauvaise éducation, accidents, maladies, violences, etc... véritable parcours du combattant, sans oublier cet incontournable "obsolescence programmée" qui nous rend spectateur impuissant de notre décadence physique et psychique irrémédiable qui ne peut générer qu’angoisse et épouvante croissante. Nous sommes dès le début placés dans "un couloir de la mort" ! Merci mon Dieu ?!... A moins d’être quelqu’un de particulièrement cruel on ne traiterait personne de cette façon. L’Eglise répond à cela que Dieu partage nos souffrances... Pardon mais pour moi cette réponse équivaut tout simplement à "botter en touche" ! Et puis si Dieu est à l’origine de ces souffrances, ça n’a pas de sens. Oui mais Dieu de toute façon nous offre la vie éternelle, c’est quand même un beau cadeau non ?! Peut-être sauf que nous n’en avons aucune certitude et là c’est une question de foi. Seulement force est de constater que cette "grâce" (car il paraît que c’en est une) n’est pas donnée à tout le monde. Donc c’est injuste et ne correspond pas à l’image d’un Dieu infiniment bon. Alors dans notre solitude et notre désarroi on se sent de surcroît agressé voire irrité par ces croyants, laïcs ou religieux, qui ne semblent pas se poser comme nous toutes ces questions, qui ont "la foi du charbonnier" comme on dit, ou bien, ce qui est pire, qui font semblant de croire, d’être pieux... et l’on finit par les soupçonner de nous tromper, par leur en vouloir jusqu’à éviter leur compagnie... Et l’on se culpabilise... Pour se rassurer on peut (et c’est mon cas) se raccrocher aux phénomènes surnaturels ou mystiques, ce que du reste l’Eglise (sauf le Père François Brune) n’approuve pas toujours... On peut aussi prendre acte que certains courants philosophiques voire scientifiques admettent la manifestation d’une forme d’Intelligence et aussi d’Intention à l’origine du Big Bang et s’en réconforter... Bref, je pourrais aussi parler de ma perplexité quant à l’authenticité des "saintes écritures" et quant à leurs nombreuses invraisemblances, etc... mais je m’arrête là.

Alors oui c’est bien de pouvoir parler avec ceux qui partagent tous ces questionnements comme nous le propose votre blog et éventuellement d’y trouver une aide.

Pour ma part et pour mieux me situer, j’essaie depuis plusieurs années de pratiquer tant bien que mal la méditation pour, ce faisant, parvenir peut-être et sans que je m’en rende bien compte à un certain oubli de soi et régression de l’égo et vers je l’espère une plus juste appréhension de Dieu (au-delà de tout ce qu’il nous a été dit de lui)... Je le fais en lien avec la Communauté Mondiale pour la Méditation Chrétienne (www.wccm.fr) à partir des écrits des Pères du désert et notamment de Jean Cassien qui préconisait cette forme de prière (recommandée plus tard par St Benoît dans sa règle). Par ailleurs, cette pratique méditative étant commune à toutes les traditions dans la forme, je saisis cette opportunité pour la mettre à profit dans le cadre du dialogue interreligeux en proposant dans mon département de l’Eure la réalisation de rencontres interreligieuses basées sur cette pratique de prière ou méditation silencieuse. Je le fais notamment à l’aide de mon blog Carrefour du Silence (http://www.carfousilence.canalblog.com) depuis de nombreuses années mais hélas, comme vous pourrez le constater, en vain et étonnamment sans aucun soutien de mon diocèse ou du réseau associatif existant malgré maintes relances !...

Voilà, excusez-moi d’avoir été si long malgré mon souhait d’être bref...

En espérant des échanges fructueux à partir de vos 2 sites.

Bien cordialement

Jean-Marc Caffet (éducateur retraité)

repondre message

C’est avec grand plaisir que je viens de découvrir la création de cette rubrique.
Ok pour s’engager sur ce chemin.
A suivre
Jean
PS. J’avais beaucoup apprécié le livre sur Spinoza

repondre message

- Dans la rubrique: Libre Pensée
Pascal Hubert
Parution : 19 avril 2019
Parution : 13 avril 2019
Parution : 3 avril 2019
Parution : 22 mars 2019
Parution : 16 mars 2019
Parution : 3 mars 2019
Parution : 11 janvier 2019
Parution : 23 novembre 2018
| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2019 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune