Parution : 12 octobre 2018
Affaire Viganò : l’offensive des conservateurs contre la pape François : AU NOM DU PUTSCH !

Près de deux mois après la tentative de putsch au sein de l’Eglise opérée par Mgr Viganò, ex-nonce apostolique aux Etats-Unis (2011-2016) réclamant la démission du pape jésuite, où en est l’Eglise ? François compte sur le synode (des jeunes), actuellement en cours, pour avancer dans la réforme – toujours pas en application plus de cinq ans après son élection. Mais les choses sont beaucoup plus laborieuses en interne… La Curie a déclaré la guerre au pape, elle s’est jurée d’avoir sa peau après son discours sur les quinze maladies, qui lui est resté au travers de la gorge. Les deux lettres (car il en a écrit une deuxième fin septembre) de Mgr Viganò ne sont jamais que l’arbre qui cache la forêt, en l’espèce la guerre ouverte entre la Curie et François.

11 commentaires
En pied de l'article.

Mgr Vigano est un personnage très controversé, si l’on en croit l’article de Brian Rœwe du National Catholic Reporter, qui nous en fait un portrait très complet. Prêtre au service diplomatique du Saint-Siège, nonce apostolique, il est décrit comme laborieux, conservateur et ambitieux. C’est parce qu’il n’a jamais obtenu la pourpre cardinalice qu’il en est réduit à menacer le pape argentin, qui n’apprécie guère son côté intrigant. En vérité, si ce type de personnage a toujours existé à Rome, ils y pullulèrent particulièrement sous le pontificat de Jean Paul II. Il s’agit pour s’en convaincre de se reporter à l’article de l’organe officieux du Vatican, Il Sismografo, lequel revient sur les années 1995-2005, sur l’affaiblissement du pape polonais et la façon dont le cardinal-secrétaire d’Etat, Mgr Sodano, et le secrétaire particulier du pape, Mgr Dziwisz, se sont emparés du pouvoir et ont promu les groupes d’influence de tout poil, allant jusqu’à couvrir le pire au nom de la raison d’Eglise.

François n’ignore rien de tout cela. Il sait bien que les scorpions sont légion dans son entourage (notamment les cardinaux Sandri et Ouellet, respectivement préfets des Congrégations pour les Eglises orientales et pour les évêques, nommément accusés par Viganò d’avoir protégé l’archevêque McCarrick). D’où le relatif silence pontifical observé à la suite des deux libelles de l’ex-nonce, qui ne peut suffire comme l’indique l’article du père jésuite américain Thomas Reese. Mais parler, c’est forcément reconnaître que les collaborateurs qui l’entourent sont de fieffés hypocrites. C’est obligatoirement admettre que des cardinaux proches de lui sont quelque peu responsables de l’état dans lequel se trouve aujourd’hui l’Eglise (et en raison de leurs protections diverses devraient aussi démissionner du collège des cardinaux).

C’est incontestablement convenir que les pontificats de Jean Paul II et Benoît XVI n’étaient pas finalement si blanc-bleu que cela, qu’ils instillèrent dans le Corps nolens volens un poison qui est en train d’emporter l’Eglise. François sait bien que le pire ennemi de l’Eglise n’est pas à l’extérieur mais à l’intérieur de la forteresse vaticane. Oui, parler, c’est mettre en lumière les exactions commises contre l’Eglise par une clique assoiffée de postes et dont beaucoup de protagonistes sont toujours en vie (songeons que le cardinal Sodano, 91 ans, est toujours doyen du collège des cardinaux, pour ne citer que lui). Certes, François a déterré de l’oubli de vieilles prières (à Saint-Michel Archange et à Marie) pour sauver l’Eglise du « Grand Accusateur » – Vigano, qui a daté sa lettre au 29 septembre, fête de Saint-Michel –, comme s’il n’avait plus aucune arme pour venir à bout de cette pieuvre curiale qui tue l’Eglise chaque jour davantage. On ne sait trop pour l’instant ce que donnera cette réforme de la Curie tant promise. Mais si elle se fait avec les mêmes hommes, on sait déjà qu’elle ne mènera nulle part, hormis au cimetière. A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous apprenons que François a déclenché une enquête sur Mgr McCarrick. Elle semble bien tardive mais surtout, sur quelle base lui a-t-on demandé de rendre sa barrette en juillet dernier ? Par ailleurs, on aime écrire, à Rome : le cardinal Ouellet, impliqué par Mgr Viganò (ce dernier affirme avoir reçu des instructions du préfet de la Congrégation pour les évêques avant son départ aux Etats-Unis sur l’alors cardinal McCarrick, déjà émérite), vient de lui adresser une lettre dans laquelle il s’inscrit en faux contre ces allégations. Que ne fait-on pas, chez ces courtisans, pour sauver son chapeau ! (illustration CrisCRéa)
Pour aller plus loin : http://golias-editions.fr/article5562.html

11 commentaires

l’Eglise est tellement perverse, avec ses pratiques honteuses et son clergé déconnecté des réalités de la vie.

Il y a tout à revoir,
........de fond en comble, à commencer par les rites et les pratiques qui entrainent tant de dérives et bien entendu cette hiérarchie vaticane d’un autre temps !

On peut espérer que justement à la suite des affaires de mœurs du catholicisme l’avenir s’ouvre vers une refonte totale du "systeme Eglise" !!!

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S’il s’agit d’une guerre conservateurs/progressistes, pourquoi Vigano accuse-t-il Ouellet ou Sodano ?
Guerre curie/pape : la curie n’existe pas de par elle-même, ses membres sont nommés par le pape, en ce cas il lui suffirait de virer les membres hostiles de la curie.

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Qui est derrière ? Burke ? Bannon qui a été reçu récemment par ce cardinal ?

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